Analyse du marché de l’emploi : Pourquoi les emplois créés au Québec ne constituent pas une bonne nouvelle

• Première création d’emplois à temps plein en six mois pour le Québec

• 20 000 emplois de plus au total

• Peu d’emplois de qualité : beaucoup du secteur de la restauration et de l’hôtellerie

• 30 000 emplois perdus dans le reste du Canada, à cause d’une perte de 33 000 dans la seule Ontario

Le Québec est dans l’allégresse, le marché du travail recommence à créer des emplois à temps plein… Si le Québec est dans l’allégresse, c’est davantage parce que l’esprit des Fêtes gagne les cœurs.

Une analyse fine des données sur l’emploi du mois de novembre publiées par Statistique Canada, selon lesquelles il y aurait eu 20 000 emplois créés, soulèvent plus la suspicion que la réjouissance.

Ainsi en novembre, pour la première fois depuis une demi-année (quand même!), il y a eu créations d’emplois à temps plein, soit 29 000. En même temps, Statistique Canada recensait quelque 9000 emplois à temps partiel de moins. Pour un solde positif de 20 000 jobs de plus qu’en octobre.

Il ne faut pas bouder son plaisir, mais ces chiffres encourageants ne sont, au mieux, que ça : encourageants. Pour le reste, lorsqu’on constate quels secteurs ont créé des emplois, on comprend qu’il ne s’agit en rien d’un signe de vigueur économique. Il pourrait même s’agirt d’un mirage.

Beaucoup de points d’interrogation
Le tiers des emplois créés échoue aux jeunes de moins de 25 ans; il s’agit d’une surreprésentation de ce groupe spectaculaire. Ce qui expliquerait pourquoi que tout l’effort de création d’emploi en novembre repose sur un seul secteur: la restauration et l’hôtellerie.

Ce dernier a vu le nombre de ses effectifs augmenté de plus de 20 000, alors le deuxième secteur le plus actif aura été celui des mines, avec 5000 salariés de plus. Un secteur frappé de mauvaises nouvelles ces dernières semaines (la fermeture de la mine du Lac Bloom, à Fermont), et donc, sa création ne pourra être qu’éphémère. Il faut s’attendre même à des pertes d’emplois dans les rapports à venir.

Les secteurs de la santé, de l’éducation (à plus de 75 % dans le secteur public) et celui des administrations publiques ajoutent quelque 10 000 emplois. Bref, rien dans ça ne témoigne d’une quelconque austérité apparente. Et qui ajoute à la superficialité de la reprise.

Des emplois qui ne sont pas au rendez-vous
Autres signes d’inquiétude : la construction fait du surplace depuis un an, et l’industrie manufacturière, qui bénéficie d’une croissance de ses ventes importante depuis plusieurs mois grâce à la reprise des exportations, ne crée pas d’emplois pour autant. Au contraire, elle en fait disparaître encore et encore : presque 10 000, juste ce mois-ci. Les entreprises ont probablement modernisé leurs installations ces derniers mois, ce qui réduit leurs besoins en main-d’œuvre pour répondre à la demande des clients.

Déjà qu’il s’agit d’une seule et unique période de croissance de l’emploi, qu’elle est à contre-courant du reste du Canada – qui a perdu 10 000 emplois en novembre – cherchez ailleurs que dans les données sur l’emploi pour des prétextes de réjouissances.

Taux de chômage novembre 2014
Québec 7,6%
Ontario 7,0%
Alberta 4,5%
Colombie-Britannique 5,8%
Canada : 6,6%

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