Comment attirer les agents libres

Un plan de licenciement économique, c’est une très mauvaise nouvelle pour les travailleurs… dans un premier temps. Car c’est aussi un vivier de main-d’œuvre qualifiée et motivée qui devient disponible pour un nouvel employeur.

 

Comment capter au mieux ces agents redevenus libres?

 

Du talent à revendre

Les employés mis à pied pour des raisons économiques ne sont pas des licenciés comme les autres. Ils ne reçoivent pas leur 4 % pour avoir vendu de l’aspirine à un allergique, dormi dans l’entrepôt de matelas pendant les heures de travail ou piqué de l’argent dans la caisse.

 

Au contraire, ils sont souvent les derniers sur le pont après une longue série de difficultés qui mène finalement leur employeur à couper leurs postes.

 

« Ce sont des gens très formés avec une belle expérience », confirme Sophie Delage, présidente de comité de reclassement à Cible-Emploi. Embaucher des employés qui viennent d’apprendre que leur entreprise les laissera partir d’ici quelques semaines ou quelques mois, comme dans le cas de Zellers récemment, est donc une bonne chose pour tout le monde.

 

D’ailleurs au magasin Zellers du Carrefour du Nord, à Saint-Jérôme, les commis et les caissières qui risquent de perdre leur emploi après le mois de décembre ont vu apparaître dans leur salle de repos une annonce du Canadian Tire voisin, les invitant à postuler chez eux.

 

Pourtant, les employeurs n’ont généralement pas ce réflexe. En fait, les dispositifs de reclassement prévus aident les nouveaux chômeurs à trouver un nouvel employeur… mais pas vraiment les employeurs à trouver les nouveaux chômeurs!

 

« Un employeur peut s’adresser aux ressources humaines de l’entreprise qui licencie. Mais attention, il faut faire vite. Il s’écoule souvent très peu de temps, parfois deux semaines, entre l’annonce dans les médias et les mises à pied », explique Mme Delage.

 

L’autre porte d’entrée, c’est Emploi-Québec qui reçoit les avis que les employeurs sont obligés de produire en cas de plan de licenciement économique. L’administration vous mettra alors en contact avec l’équipe chargée de recaser le personnel.

 

Celle-ci peut être de deux types. Si plus de 50 personnes sont concernées par les licenciements, un appel d’offres est passé pour déterminer le cabinet en ressources humaines qui coordonnera le Comité d’aide au reclassement (CAR) dans le cadre d’une mission temporaire. Entre 10 et 49 personnes, il s’agit de structures permanentes régionales, les Comités de reclassement à entrée continue (CREC).

 

« Si vous connaissez le CAR chargé du replacement du personnel, vous pouvez contacter directement son président pour qu’il fasse passer vos offres d’emploi. Mais ça arrive rarement. Le cabinet mandaté n’est presque jamais cité par les médias, car il n’est généralement pas encore choisi au moment de l’annonce du plan de licenciement », explique Mme Delage.

 

En revanche, vous pouvez toujours appeler le CREC de votre région ou celui de la région d’une entreprise qui fait l’objet d’un plan de licenciement.

 

Sinon, il y a toujours la bonne vieille technique du bouche-à-oreille ou du babillard. « Récemment, une gestionnaire de l’industrie hôtelière de Montréal a décroché son téléphone pour prévenir ses collègues que 200 de ses employés allaient être bientôt disponibles », raconte Mme Delage.

 

Bref, les façons d’aider au reclassement ne manquent pas… et c’est la classe!

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