Comment favoriser la créativité chez ses employés

By septembre 5, 2017 Gestion et RH

« La créativité ne tombe pas du ciel, lance François-Bernard Malo, professeur de gestion à l’université Laval. Si certaines personnes en ont plus que d’autres, ça demeure quelque chose qui s’enseigne, se gère et se développe. »

La créativité se développe, soit. Mais est-il réellement important d’avoir des employés créatifs au sein de son entreprise? « Tout dépend du contexte, répond le professeur. Certaines industries en ont un grand besoin pour des raisons évidentes; le jeu vidéo, par exemple. »

On parle ici de créativité artistique. Mais ce n’est pas le seul moment où l’imagination fait œuvre utile : « La créativité est importante chaque fois qu’on se trouve devant un problème dont la solution est inconnue », explique le professeur.

De manière générale, la notion se définit comme la « capacité de générer des idées originales et utiles », poursuit-il.

Les situations requérant un peu d’imagination sont alors nombreuses : une entreprise qui désire effectuer un virage stratégique ou résoudre une crise, une PME qui développe un nouveau produit ou un nouveau marché.

Pour cultiver la créativité au sein de son entreprise, on peut travailler sur trois fronts.

Créatifs recherchés

Bien qu’elle se développe, la créativité demeurera toujours plus forte chez certains individus que d’autres. Sachant cela, est-il possible de dépister la créativité dès l’embauche?

« Il y a effectivement des traits de personnalité à regarder pour savoir si une personne a un potentiel créatif, confirme François-Bernard Malo. L’ouverture d’esprit. Le goût du risque. La tolérance à l’ambiguïté. Le contrôle de soi. La résistance au stress. Ce sont tous des traits qui peuvent être identifiés dans des tests psychométriques. »

Toutefois, peu d’employeurs se donnent la peine de faire ces vérifications. « On a plutôt tendance à se fier aux réalisations passées », admet le professeur.

Terreau fertile

« On a beau engager les personnes les plus créatives, si on les place dans un contexte avec beaucoup de règles et de traditions, on va étouffer leur créativité », prévient Francois-Bernard Malo.

Quel serait alors un terreau fertile pour la créativité? « Un milieu où les règles ne sont pas trop strictes et où les employés ont une grande liberté d’action. On leur donne des objectifs, mais on les laisse maîtres des moyens pour les atteindre. »

« Être créatif, ça veut aussi dire se tromper et recommencer, ajoute le professeur. On doit donc donner le droit à l’erreur aux employés. »

La part du gestionnaire

Pour atteindre son plein potentiel, la créativité doit être couplée à un processus de résolution de problème rigoureusement encadré par le gestionnaire. « Cette partie n’est pas toujours bien comprise », fait remarquer le professeur.

« La résolution de problème compte quatre grandes étapes, poursuit-il : la définition du problème, la recherche de solutions, l’évaluation des solutions et l’implantation de la solution retenue. »

La créativité ne se limite donc pas au brainstorming ou à la recherche de solutions. « Parfois, on cherche une solution à un problème qui est mal posé! Il faut explorer plusieurs scénarios à toutes les étapes de la résolution de problème. »

Pour ce faire, il existe une variété de techniques connues et éprouvées pour générer de nouvelles idées et de nouvelles hypothèses.

François-Bernard Malo en cite quelques-unes : la synectique, qui repose sur la recherche d’une analogie afin de transposer le problème dans un nouveau contexte. La technique du concassage, qui consiste à améliorer un produit en jouant sur toutes les variables possibles. Il y a la méthode des six chapeaux d’Edward de Bono, celle des cinq pourquoi… Une longue liste de possibilités pour venir appuyer l’étincelle créative originelle!

 

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