Trouvez-vous votre patron incompétent?

La question peut vous mettre mal à l’aise, mais une partie de travailleurs Québécois ne se gêne pas pour répondre : Oui!

Selon une étude menée par Léger Marketing le mois dernier, 30% des salariés de la province considèrent que leur supérieur ne possède pas les compétences requises pour exercer son emploi…

Mais qu’est-ce qui fait qu’un patron n’est pas compétent aux yeux de ses employés? À la lumière du sondage mené auprès de 1000 personnes, le président de la firme Jean-Marc Léger affirme qu’il y a quatre critères principaux qui fondent cette opinion: la direction, le salaire, l’ennui (la stimulation) et la peur (de perdre son emploi). La direction, c’est-à-dire le manqué de leadership, revient en effet très souvent.

Matthieu M., qui préfère que son nom ne soit pas rendu public, a carrément changé de poste à cause de la frustration causée par le manque de leadership de son supérieur. Toujours dans la même entreprise spécialisée en produits financiers, il évolue désormais dans un autre département, et la différence est flagrante : « Mon ancien patron n’était pas foncièrement mauvais, mais son manque d’écoute et de vision globale minait le moral des troupes », se souvient-il. Plusieurs collègues en parlaient d’ailleurs à feu couvert. « Il ne suffit pas d’avoir les compétences techniques. Pour être un bon patron, il faut aussi avoir les compétences sociales », croit Matthieu. Il souligne que son nouveau supérieur répond parfaitement à ses attentes : «Il me traite comme un égal, et inspire le respect», dit-il.

Critères sous-estimés
Le respect est fondamental, mais il passe également par les compétences techniques, qui ne sont pas non plus à négliger. Selon une étude menée par la Cass Business School de Londres, un salarié a besoin que son patron sache faire le travail de ses employés. Ainsi, après avoir interviewé quelque 3 500 employés à travers le pays, l’étude conclut qu’un employé se sent plus en confiance et respecte plus son supérieur si ce dernier est capable de le remplacer au pied levé.

Autre critère sous-estimé? Le parcours et l’évolution personnelle du supérieur hiérarchique dans l’entreprise. Les employés préfèrent être dirigés par une personne ayant elle-même gravi les échelons l’entreprise. Cela inspire le respect.

L’inspiration est d’ailleurs le mot-clé, selon Jean-Marc Léger. Les gens ne veulent pas juste travailler pour un patron: ils veulent être inspirés par lui. Êtes-vous d’accord?

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